Fail2ban
Fail2ban est un outil permettant de protéger les services exposés (comme SSH, nginx ou postfix) contre les attaques répétées par force brute. Il fonctionne en analysant les fichiers de logs et en bannissant automatiquement les adresses IP qui présentent un comportement suspect.
Fonctionnement
Fail2ban surveille les logs (ex : /var/log/auth.log) à la recherche de motifs définis (échec d’authentification, erreurs). Lorsqu’une IP déclenche un certain nombre d’alertes dans un intervalle de temps, une règle temporaire est ajoutée au pare-feu pour bloquer cette IP.
Installation
Debian/Ubuntu
Fedora/RHEL/AlmaLinux
Configuration de base
Le fichier principal est /etc/fail2ban/jail.conf. Il ne faut pas le modifier : il est remplacé à chaque mise à jour. Les réglages personnels vont dans /etc/fail2ban/jail.local, ou dans un fichier de /etc/fail2ban/jail.d/.
Ordre de lecture : jail.conf, puis jail.d/*.conf, puis jail.local, qui l'emporte sur les précédents.
Exemple de configuration pour SSH
Dans /etc/fail2ban/jail.local :
enabled = true
port = ssh
logpath = %(sshd_log)s
maxretry = 5
bantime = 3600
findtime = 600
- maxretry : nombre d’échecs avant bannissement
- bantime : durée du bannissement en secondes
- findtime : période pendant laquelle les échecs sont comptés
Sur un système où les journaux passent par systemd, remplacer logpath par backend = systemd.
Démarrer et activer le service
sudo systemctl start fail2ban
Vérifier l’état et les IP bannies
sudo fail2ban-client status sshd
sudo fail2ban-client get sshd actions # action réellement appliquée
sudo fail2ban-client -t # tester la configuration
Débannir une IP manuellement
Étendre la protection à d’autres services
Fail2ban peut protéger :
- nginx (accès interdits, erreurs 404 répétées)
- postfix (auth SMTP ratée)
- nextcloud (brute-force sur interface web)
- sshd (connexion SSH échouée)
Il suffit d’activer les sections correspondantes dans jail.local et de s'assurer que les logs sont bien renseignés.
Logs et journalisation
journalctl -u fail2ban